François.
Georges.
Jean-Paul.
Vos têtes ont été enouatées par un plasticien méridional et sûr de son art. Dans le musée derrière la mairie, dans ce minuscule village du Vaucluse, sous la Sainte-Victoire en novembre, je vois ces trois têtes alignées dans la ouate. Ni gardien ni éclairage mais deux fenêtres. Avec vue sur Provence en hiver.
Une femme est là qui caresse ta tête, Georges. Sa main suit les contours de tes joues, de ton nez, de tes oreilles, de ta perruque en crin. Elle murmure des paroles qui ne parlent qu’à toi. Elle approche ses lèvres de ton visage toujours rose et boursouflé. Petit à petit tes yeux ont commencé à suivre les mouvements de ses lèvres. Georges, disent les lèvres de la femme, Georges, je vais t’emporter.
Les lèvres de Jean-Paul II : Marie ?
Les lèvres de François Hollande : Ségolène ?
Les lèvres de Georges Danton : Emporte-moi maintenant Louise.
Louise : Je suis Louise, pardonnez-moi j’emporte Georges.
Les lèvres de Georges Danton : Messieurs je vous salue, n’attendez pas mon retour, oubliez-moi.
Louise : Adieu messieurs.
Elle a serré la tête contre sa poitrine, l’a enveloppée dans une chemise blanche, a regardé la Sainte-Victoire, a disparu vers l’est.