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Courtes pièces politiques

 


 

> Spectacle créé fin novembre 2006 à Rennes, puis joué au Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine (94), à Pacé et à Montfort (35)

> Reprise en août 2007 au festival de Poche à Hédé

> Reprise le 14 avril 2008 au théâtre de Morlaix, dans le cadre de la journée Besoin de théâtre

> Reprise du 3 au 7 juillet 2012 à Rennes, salle Guy Ropartz, dans le cadre des Tombées de la Nuit


GÉNÉRIQUE

production Lumière d’août
coproduction Studio Théâtre de Vitry-sur-Scène
accueil en résidence Théâtre de la Paillette, Théâtre du Cercle ( Rennes)
textes Marine Bachelot, Alexis Fichet, Alexandre Koutchevsky, Laurent Quinton, Juliette Pourquery de Boisserin, Nicolas Richard et Gianina Càrbunariu
traduction du roumain Diaana Cilan, Dominic Boariu
mise en scène Marine Bachelot, Alexis Fichet
interprètes Bérengère Lebâcle, Claire Péron, Stéphane Piveteau
proposition graphique Ikonodula (Dominique A. Boariu)
lumière Arnaud Godest
photographies du spectacle Caroline Ablain [lien vers le site de Caroline Ablain]

publication Éditions des Deux Corps, 2012


LE PROJET

Qu’est-ce qu’une courte pièce politique ?

Le théâtre politique et militant, de l’agit-prop des années 20 aux happenings des années 70, a souvent adopté des formats courts, pour s’insérer facilement dans des espaces publics, s’inscrire dans des cabarets et des formes théâtrales populaires, chercher à être efficace, incisif, percutant.
Aujourd’hui, il ne s’agit pas de reproduire schématiquement des modèles dramaturgiques du passé, qui pourraient paraître mal adaptés à notre époque.

Pour autant, il serait dommage de faire le deuil de gestes d’écriture et de formes théâtrales qui cherchent à assumer des questions politiques, revendiquent leur inscription dans le monde, auscultent la « vie en commun des hommes » (Brecht) ou s’enracinent de façon documentaire dans une réalité sociale et politique, ceci sans pour autant renoncer à un ancrage en littérature, à un travail sur la langue - qui elle aussi constitue un enjeu politique.


La commande

Que seraient des pièces courtes politiques d’aujourd’hui, travaillées en littérature ?
C’est la question et la commande que Marine Bachelot, initiatrice du projet, propose aux cinq autres auteurs de Lumière d’août, ainsi qu’à Gianina Carbunariu, auteur roumaine rencontrée par Marine Bachelot en 2004 à la Biennale théâtrale de Wiesbaden dans un Forum de jeunes auteurs européens. Elle-même est particulièrement préoccupée par ces questions, à la fois dans son travail d’écriture et dans ses recherches universitaires - elle prépare en effet une thèse sur le théâtre militant contemporain en Europe.

Ce terrain – écriture et politique, théâtre à dimension politique - fait débat depuis longtemps parmi les membres de Lumière d’août, suscite parfois des polémiques, et génère des réponses en actes, en textes.

Quant à Gianina Carbunariu, jeune auteur et metteur en scène de Bucarest, on peut dire que le politique est au cœur de sa démarche d’écriture et de théâtre. Dans une veine plus inspirée de dramaturgie anglo-saxonne, elle écrit et met en scène des textes qui prennent à bras le corps le monde contemporain : Stop the tempo dont elle est l’auteur, Terrorisme des frères Presniakov, Oxygène de Ivan Viripaiev, etc.

À travers la commande de Courtes pièces politiques, Marine Bachelot a l’ambition de faire émerger chez chacun une saisie particulière de la question, de recueillir une diversité de démarches, de gestes d’écriture, d’appréhensions du monde, une mosaïque de regards conflictuels et complémentaires – un matériau stimulant pour la scène.


 
Grève de Marine Bachelot


 
Formation de Nicolas Richard


LA CRÉATION

 Au final, 7 pièces courtes, très différentes dans leurs sujets, leurs partis pris politiques et théâtraux, leur style : 

- Grève de Marine Bachelot 
- Formation
de Nicolas Richard
- Ouagadougou-Rambouillet
d’Alexandre Koutchevsky
- La joie
d’Alexis Fichet
- Le parloir
de Juliette Pourquery de Boisserin 
- DJ Pirate
de Gianina Càrbunariu
- Qu’en pense la communauté ?
de Laurent Quinton 

Depuis le lancement de la commande et à réception des premiers textes, le collectif d’auteurs s’est réuni régulièrement, occasion de redéfinir ce que chacun entend par « pièce politique », de prendre conscience des lignes de partage, de faire émerger des regards critiques permettant à chaque auteur des réécritures ou remaniements de sa pièce. Un travail critique semblable est mené avec les acteurs au début des répétitions.
Durant la création, chaque metteur en scène assume son propre geste artistique sur les pièces, secondé et assisté par le regard de l’autre. Ce processus nous a paru plus pertinent qu’une démarche de mise en scène collective des pièces. La structure globale du spectacle, l’articulation dramaturgique des sept pièces a fait par contre l’objet d’une élaboration commune.

Le spectacle a été créé du 28 novembre au 2 décembre 2006 dans la salle de répétition du théâtre La Paillette (jauge de 40-50 spectateurs), plus appropriée que la grande salle pour instaurer un rapport de proximité avec le public, intéressant dans le cadre de formes courtes politiques.
Il a ensuite été représenté au Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine (5 décembre), puis dans des petites communes d’Ille-et-Vilaine : à la MJC Pacé (9 décembre) et au Centre Culturel de Montfort (14 décembre, scolaire).
 
Le pari des Courtes pièces politiques : proposer un théâtre de texte qui puisse s’installer dans des espaces variés, avec des moyens techniques simples. Placer les acteurs au centre de la transmission des écritures, dans une grande proximité avec les spectateurs.
 
Les Courtes pièces politiques peuvent être jouées en intégralité (spectacle de 2h30) mais sont aussi découpables en unités indépendantes (durée des pièces : de 10 à 25 mn).
 
 
Ouagadougou-Rambouillet d’Alexandre Koutchevsky


 
La joie d’Alexis Fichet


EXTRAITS DE PRESSE

Jeunes artistes pour pièces politiques
(…) L’écriture des jeunes auteurs du collectif Lumière d’août reste limpide et directe. En s’imposant d’écrire des pièces « politiques », ils ont su, de plus, rester les pieds dans la glaise. L’impitoyable monde des travailleurs précaires, le drame des émigrés africains, le désespoir des intermittents du spectacle… Leur théâtre tient du réalisme social d’un certain cinéma anglais. (…) On gardera sans nul doute en tête ce savoureux dialogue homme-chien sur l’animalité des humains, le rire que suscite cette session d’embauche sur une plate-forme de télétravail, l’incontournable mort de Cristobal Kendo caché dans le train d’atterrissage d’un Boeing Ouagadougou-Paris. Il y aussi cette pièce d’une jeune auteur roumaine qui élargit l’horizon en abordant la fuite vers l’Ouest de ses jeunes compatriotes. Un propos mis en valeur par un découpage scénique très BD. Souvent les trois acteurs captent tous les regards. (…)  
Gilles Kerdreux, Ouest-France du 2-3 décembre 2006


Courtes pièces politiques à la MJC samedi
Après la scène du tout nouveau théâtre de la Paillette à Rennes, les Courtes pièces politiques de la compagnie Lumière d’août investiront celles de la MJC (…). Une soirée théâtrale composée de sept opus sur différents thèmes d’actualité, interprétés par trois acteurs, et une véritable performance pour un spectacle de 2h30.
Trois acteurs échoués sur une plage, qui s’interrogent sur la grève. Une formation de télémarketing. Le trajet aérien d’un burkinabé clandestin entre l’Afrique et Orly. Un petit déjeuner marqué par les interrogations politiques et la joie. Une conversation intime devant le mur d’une maison d’arrêt. La voix brouillée d’une radio-pirate dans la nuit. Un dialogue socratique entre un homme et un chien. Voici un aperçu du contenu des Courtes pièces politiques. (…)  
Ouest-France du 7 décembre 2006

Courtes pièces politiques > Propos recueillis / Alexis Fichet 
« Marine Bachelot, qui prépare une thèse sur le théâtre militant, a proposé aux cinq autres auteurs du collectif d’écrire une pièce politique : on a reçu sept textes très différents, allant du très concret au très philosophique : sur la grève, la prison, la possibilité de la joie dans la société contemporaine, les petits boulots de la téléphonie, entre autres. Gianina Carbunariu nous a donné un texte sur l’immigration parlant de son pays, la Roumanie.(…) La mise en scène est de plus en plus collective et Marine et moi sommes assistants l’un de l’autre. (…) Nous voulons permettre aux spectateurs d’entendre ce qui se passe dans ces sept pièces et ce qu’elles produisent, en proposant une mise en scène qui maintienne constamment la circulation des énergies entre les trois comédiens. (…) Lumière d’août est un collectif fondé par six personnes qui écrivent mais ne sont pas forcément d’accord : si certains textes veulent attester d’une présence totale du politique dans l’existence, d’autres sont plus éthiques ou plus sociologiques. On n’est plus dans la tradition du théâtre d’agit-prop, mais nous voulons en garder une trace, une mémoire.(…) Après sa création à Rennes, nous avons l’intention de le tourner dans des lieux assez petits : pas de scénographie massive, donc, mais un soutien léger pour porter la parole et permettre une vraie proximité avec l’acteur. »
Propos recueillis par Catherine Robert, La Terrasse, décembre 2006


 
Le parloir de Juliette Pourquery de Boisserin



 
DJ Pirat de Gianina Carbunariu


ACTIONS ET ATELIERS AUTOUR DU SPECTACLE

Pour le projet des Courtes pièces politiques, il nous importait et nous semblait cohérent de construire des actions de sensibilisation et de médiation en direction de divers publics.
 
Gianina Càrbunariu a été invitée par Lumière d’août du 30 novembre au 7 décembre pour assister aux représentations des Courtes pièces politiques. Une lecture-rencontre autour de sa pièce Stop the tempo et de son travail d’auteur-metteur en scène à Bucarest a eu lieu le samedi 2 décembre au théâtre de La Paillette avant la soirée de représentation.
Lumière d’août continuera en 2008 sa collaboration avec Gianina Càrbunariu, notamment autour d’un projet de résidence d’écriture à Sibiu (Roumanie) avec d’autres jeunes auteurs roumains.
 
Lectures. Deux lectures de courtes pièces politiques ont eu lieu au Foyer de Jeunes Travailleurs de Bourg L'Evêque durant la création, dont l’une dans le cadre d’un café citoyen consacré au thème de l’engagement.

Ateliers du spectateur. Deux classes de 3e du collège Louis Guilloux de Monfort-sur-Meu ont participé à un atelier du spectateur autour de la création du spectacle, pour être sensibilisés aux différents temps de l’œuvre théâtrale : 1) lecture des textes avec le professeur et rencontre en classe avec les auteurs-metteurs en scène. 2) venue au théâtre La Paillette pour assister à une répétition publique, suivie d’une discussion avec l’équipe. 3) représentation au Centre Culturel de Montfort, suivi d’un échange avec l’équipe. Trois classes de 2nde du lycée René Cassin ont suivi un processus similaire (sans pouvoir assister à une répétition publique cependant).
 
Ateliers d’écriture et de mise en lecture. « À partir de documents, de fragments d’actualité, de bribes de journaux, de figures politiques, mettre en branle le langage et jouer à écrire de courts textes s’emparant des questions politiques qui nous traversent, nous préoccupent, nous interloquent, nous touchent. »
Telle était la proposition des ateliers d’écriture organisés en accompagnement des Courtes pièces politiques, animés par Marine Bachelot à l’automne 2006.
Un groupe de sept collégiens de Montfort a participé à un atelier d’écriture (durée : 20h) qui s’est étendu d’octobre à décembre 2006. Huit camarades les ont rejoints pour participer aux mises en lecture de leurs textes écrits et retravaillés pendant l’atelier : cette séance de lecture a eu lieu en prélude à la représentation scolaire des Courtes pièces politiques au Centre culturel de Montfort le 14 décembre. À la MJC Pacé et au Théâtre la Paillette, des stages d’écriture plus brefs ont mobilisé des participants adultes, qui ont mis en lecture leurs textes en prélude à la représentation des Courtes pièces politiques à la MJC Pacé le 9 décembre.


 
Qu’en pense la communauté ? de Laurent Quinton



BIOGRAPHIES DE L'EQUIPE [cliquez sur les noms]

> Auteurs et metteurs en scène

Marine Bachelot

Gianina Càrbunariu

Alexis Fichet

Alexandre Koutchevsky

Juliette Pourquery de Boisserin

Laurent Quinton

Nicolas Richard


> Interprètes

Bérengère Lebâcle

Claire Péron 

Stéphane Piveteau